Visite de la ferme de culture de coraux d’Amblard à Serangan

Posté le 6 septembre 2012 par

C’est Vincent Chalias, le biologiste responsable de la production en Indonésie, qui m’a reçu et fait visiter la structure. Vincent est de par ailleurs un collègue au Zebraso’mag (à lire, son dernier article très complet sur les Crinoïdes, dans le dernier numéro du magazine), et un plongeur émérite, avec lequel j’ai eu la chance de plonger à quelques reprises: nous sommes tous deux fans de micro bestioles en tout genre, et son oeil aiguisé allié à ses connaissances du milieu ont fait des miracles!

Bref, revenons aux coraux! C’est avant le lever de soleil que nous avons cheminé jusqu’à la « ferme », pour bénéficier de la marée basse. Basse, très basse même, elle l’était: les coraux étaient quasi tous en dehors de l’eau, ce qui est très impressionnant! Sur les tables de treille métallique, les pieds mères et les boutures profitaient du soleil levant, les branches au sec, mais impassibles. Avec leur mucus protecteur capable de les faire tenir tout le temps de la marée en proie aux morsures du soleil le plus ardent, ils ne sont pas blessés. Maintenant, je n’ai plus peur de mes changements d’eau qui laissent les pointes des coraux au sec!

Vincent m’a donné quelques infos sur la structure, et le mode de fonctionnement:

– Depuis quand faites vous cette activité?

En fait on a commencer la recherche en 1998, à mon arrivé ici, avec les premiers vrais essais en mer en 2000.

Si en 1998, on faisait 100% de coraux sauvage de Bali, en 2002, 10% de coraux de culture pour 90% de coraux sauvages, en 2012, on en ai à 80% de coraux de culture pour 20% de coraux sauvages.

Et cela devrait d’avantage s’intensifier dans les 2-3 ans à venir.

– Combien de personnes faites vous travailler à la ferme?

On a une trentaine d’employer sur la station d’export. 5 Sur notre station située sur Java et on a une trentaine de personnes qui s’occupent de nos différents site situés autour de l’île.

Il nous faudrait plus de personnel, mais c’est très difficile de trouvé du personnel ici.

– Combien d’espèces élevez-vous? Quelle proportion SPS/LPS/mous?

On fait aux alentours des 300 espèces et on en a encore une bonne centaine en cours de développement. 15% de mous, 65% de SPS et 20% de LPS. 90% des espèces en cours de développement sont des LPS…

– Quel est le nombre total de pieds d’export produits par an?

On doit être au delà des 50000 pièces/ an exportées en ce moment.

– Combien de temps faut-il a une bouture pour être prête à l’export?

Au minimum 6 mois, pour les Acroporas rapides jusqu’a 10 mois, pour les plus lents. 6 à 8 mois pour la majorité des mous. Et entre 6 mois et 2 ans pour les LPS. On observe de grande différences sur les mêmes espèces selon les sites.

– Quels sont les best-sellers du moment, qu’est ce que les aquariophiles veulent le plus?

Cela dépend des marchés. Le Red Dragon, (A. carduus rouge) est très à la mode. Mais des Grands classiques comme A. gommezi et A. hoeksemai sont toujours les best sellers. Quelques variétés d’A. millepora et A. tenuis se vendent très bien depuis dès années. Personne n’est encore rassasié. En LPS, les Echinophyllias et Acantastreas sont très demandés. Avec toujours des grands classiques comme les Euphyllia.

– Avez vous vu changer les désirs des aquariophiles depuis les débuts de la mariculture?

Pas vraiment, de la couleur, c’est tout ce qu’on recherche. Toujours plus coloré. Si il y a quelques années encore il y avait un peu de demandes pour des Euphyllia pas chers, pas colorés, c’est terminé, il faut que cela soit coloré.

La mariculture a surtout popularisé le bac exclusivement dédié aux SPS. Car malgré les échanges, leur pousse rapide… on en vend toujours de plus en plus, même si ces quelques dernières années, la production s’est plus professionnalisé sur quelques sociétés. Beaucoup de nouveaux venus n’ont pas réussi à trouver leur place.

– Quels sont vos éventuels projets en cours (extension de la surface, nouvelles espèces…)?

Énormément de travail en vue. La production de LPS demande plus de temps, donc plus de place, plus de colonies mères, plus de maintenance… Cela nous oblige à avoir plus de sites avec du personnel 24 h/24 sur site. A travailler plus profond, avec du matériel plus pointus. Cela devient plus sérieux, avec de plus gros investissements, du personnel plus compétant… bref encore plus intéressant.

Et maintenant, après toutes ces infos intéressantes, place aux photos!

L’endroit:

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La passe de très haute énergie, par où l’eau de la marée s’infiltre et se retire, est très prisée des pêcheurs. Il y a énormément de courant, c’est très impressionnant, même quand on est bon nageur et plongeur, on se sent minuscule face à cette force.

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Quelques tables, dont certaines exposées à l’air par la marée:

Table d’Acropora formosa vert

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Table d’Acropora pulchra violet

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Tables de Montipora

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Table d’Acropora formosa violets

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même les LPS!:

Table de Galaxea fascicularis

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Chaque jour, les employés bouturent les pieds mères, mettent en place des nouvelles boutures à faire grandir ou au contraire, prélèvent des pièces prêtes à l’export. Il y a aussi un gros travail d’entretien des tables, qui sont vite envahies d’algues ou abimées par la force des marées.

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Boutures d’Acropora delsawii

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Quelques-unes des très belles espèces « cultivées », côté pieds-mères:

Seriatopora hystrix

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Pocillopora spp

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Montipora foliosa violet

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Acropora jacquelinae

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Acropora tricolor

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A. formosa vert

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Acropora humilis

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A. delsawii

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A. valida

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Acroproa robusta

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A. sp tricolor

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Acropora millepora

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Acropora millepora

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A. secale

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Les boutures en croissance:

A. secale

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Acropora hoeksemai « royal blue », un best seller

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Pocillopora verrucosa

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A. digitifera

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Certaines complètement au sec, vraiment impressionnant:

M. samarensis

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Boutures pour nano

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M. crassituberculata

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M. confusa

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A. tenuis

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Et voilà! Si après ce beau spectacle, vous vous demandez où vous pourriez trouver de belles pièces comme ça, demandez à votre revendeur local, car Amblard ne fournit pas les particuliers, mais si vous en réclamez à votre « poissonnier », peut être qu’il pourra en faire venir !

Sinon, les très bons VPCiste Aquaplum’coraux et Reeflab en vendent !

A bientôt pour d’autres aventures

Sabine Penisson

Photographe professionnelle spécialisée en faune marine www.aquareefphoto.com, nature et voyages (galerie en ligne Ars Natura), journaliste pour Zebraso’mag.

Site de l’auteur : lebacasab.com

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