Entretient avec Santamonica Scrubber

Posté le 26 mars 2014 par

Je vous propose un entretien avec Santa Monica, le fabriquant des filtres à algues qui a permit de relancer ce type de filtration depuis 2008 aux Etats Unis et propose ses produits en France depuis 2012.

1. Expliquez-nous comment Santa Monica a vu le jour

En janvier 2006, j’ai embauché un type pour prendre soin de mon bac à mon boulot. Tout le vivant qu’il mettait dans ce bac mourrait peu de temps après, voire parfois le jour même (salinité de 1040!). Il passait son temps à mettre ses cartes de visite sur la vitre avant du bac, la semaine suivante il mettait à nouveau du vivant et la mort s’en suivait. Il me disait même qu’ils n’étaient pas mort mais endormit et donc allaient se réveiller un peu plus tard. Encore aujourd’hui il est actif et parfois recommandé par des magasins du coin. Mais au final, mon aquarium était en bon état donc je l’ai viré et pris un autre type pour s’occuper du bac.

Le deuxième type m’a changé toute la plomberie suite à des problèmes de fuites, mise en route une pompe plus puissante, baissé la salinité, ajouté un stérilisateur UV, et à ajouté en plus un gros écumeur. En bonus, le vivant qu’il ajoutait au bac restait en vie! Par contre, bémol, chaque semaine il me changeait l’eau du bac, nettoyait les vitres mais pas les mousses bleus pour la filtration mécanique. Du coup, tout recommença à mourir à nouveau alors je me suis intéressé aux formes d’épuration.

Après m’être décidé de maintenir des hippocampes, j’ai commencé à chercher un filtre mécanique. En faisant mes recherches je suis tombé sur les travaux de Walter Adey et ses filtres à algues. Ils étaient trop gros pour être utilisables pour mon usage donc j’ai tout simplement fait couler de l’eau sur un filet rigide et construit une boite en acrylique pour y contenir le tout. Au bout d’un an d’utilisation des gens voulaient m’en acheter, alors j’ai lancé la commercialisation. Ils étaient dispendieux à construire, difficiles à expédier et pas forcément faciles de les caser sous un aquarium. Donc en 2011, l’idée d’utiliser un bulleur m’est venu. Cette idée m’a permis de résoudre tous mes soucis avec mes ancien filtres à algues et donc aujourd’hui je commercialise le Upflow Algae Scrubbers® ou aussi connu sous le nom de UAS®.

2. Selon vous quel est l’avancé la plus significative dans notre passion ?

Évidement la filtration par les algues! Sachant que tous les lacs et océans du globe sont filtrés de cette manière, et qu’aucun filtre à algue n’était vendu jusqu’en 2008, pour moi c’était le maillon manquant à notre passion. Ensuite il y a l’éclairage type LED, je n’aime pas la chaleur émis par les HQI. Il y a aussi la possibilité de faire des recherches sur Internet, ce qui a permis à bon nombre d’aquariophiles de parfaire leurs connaissances. Il existe beaucoup de bon sites de recherches, moi je commence toujours par celui-ci :

http://reefbase.org/resource_center/publication/main.aspx

3. La filtration et l’export de nutriment de façon naturelle jouit d’une sorte de renaissance en quelque sorte depuis 2010, à quoi estimez-vous ce renouveau ?

Du fait de la mise en ligne sur des forums de projets DIY pour filtres à algues. C’est un grand plus le fait que les filtres à algues soient si faciles à construire, il existe au moins mille projet DIY postés sur mon forum! Beaucoup ne sont pas de moi, mais j’estime à dix mille les mises en ligne à ce jour, même si beaucoup d’utilisateurs ne postent pas leurs projets.

4. Et ceci nous mèneras où ?

Une maintenance facile et sans soucis de nos aquariums. J’y suis presque là en ce moment avec mon bassin récifal. Je ne fais qu’ajouter de l’eau d’évaporation, Calcium et des ajouts pour le KH. Un aquarium sans devoir le nourrir est aussi une option pour le futur. Si vous choisissez le bon vivant, ils vont manger les algues en provenance du filtre, et il pourrait y avoir un biotope auto suffisant. Ici on voit l’intérêt des bassins récifaux, pas besoin de nettoyer les vitres.

5. Quel avenir pour notre passion ? Pour votre société ?

Pour l’aquariophilie, la compréhension par les débutants que l’aquariophile marine et récifale est facile si vous utilisez ce type de filtration au lieu des méthodes compliquées actuelles. Pour ma société : d’autre modèles et du nouveau, mais je ne peux encore en discuter.

6. Quel devrait être la prochaine étape pour l’aquariophilie ?

Des filtres à algues construits directement dans le bac surtout dans les bacs tout en un. Une unité à courant ascendant peut être facilement incorporée dans la partie technique d’un nano, remplaçant judicieusement l’écumeur et éventuellement la partie filtration mécanique. Le coût additionnel sera minimisé par la suppression de l’écumeur. Un nano correctement pensé pourra même utiliser une partie de la lumière du bac pour éclairer le système de filtration.

7. Parlons maintenant du dimensionnement de vos filtres à algues :

Je dimensionne en fonction du nourrissage du bac, plus vous nourrissez, plus vite les algues ont besoin de pousser pour absorber la pollution associée au nourrissage. Les filtres peuvent être plus gros en volume, avec un éclairage plus puissant ou les deux, pour pouvoir lutter contre les nutriments en excès. Un filtre plus gros va permettre un délai plus long avant un nettoyage, jusqu’à un certain niveau. Idem pour un éclairage plus puissant, il va pénétrer en profondeur et les algues auront une coloration plus verdâtre, mais jusqu’à un certain point. C’est comme ça que je dimensionne mes filtres, mais il y a des variables que je dois prendre en compte. Tels les phosphates emmagasinés au sein des pierres et dans des bacs plantés. Au final, ce qui est important est que la somme de nutriments qui entre dans le système doit être la même que ceux qui en sortent, sinon il y aura des soucis.

8. Y a-t-il un moyen de défaire l’affirmation que les vieux bacs ne meurent pas mais développent des problèmes de nutriments (des algues vertes) ?

Je ne dirais pas que les vieux bacs meurent mais évoluent. Vous n’allez pas aimer la façon dont ils murissent, mais ils emmagasinent les nutriments car la ration import-export n’est pas équilibrée. Ceci inclus le cuivre, chélaté ou simplement stocké dans le sable, pour être largué plus tard. Vu que les mauvais nutriments, incluant le cuivre, sont absorbés par le filtre à algues, le vivant s’est habitué à avoir une eau propre. Mais si vous opéré un bac sans système d’export de nutriment alors cette différence se voit avec le temps et donc votre bac vais développer ce syndrome de vieux bac. De plus actuellement il n’y pas d’études concret sur ce phénomène (qui le financerait), l’accumulation de cuivre, selon moi, dans un bac est le problème majeur de vieux bacs sans filtre à algues.

9. La tendance actuelle est l’utilisation de boue dans le refuge, comment votre produit entre dans cette configuration ? Complémentaire ou concurrentielle ? Devons-nous choisir entre la boue dans le refuge ou votre filtre ?

Je n’étais pas au courant de cette tendance, l’utilisation de la cheato oui, car les gens ont déjà des bacs technique et donc c’est facile d’en mettre. L’utilisation de la boue ou toute autre forme de substrat est à dissocier de mon système. Car l’un n’impacte pas forcément l’autre. La cheato, est considéré comme une algue indésirable par le filtre à algue donc éventuellement elle l’éradiquera du système. La cheato à un taux de photosynthèse très faible, dû au fait de son mode de croissance qui créer de l’ombre sur les couches inférieur de l’algue, elle piège les sédiments et n’a pas de racines pour s’ancrer. Donc une fois que vous avez mise en place un système de filtration par algues il faut enlever la cheato.

10. Où vous voyez vous dans dix ou vingt ans ?

Mon but est d’être distribué dans les magasins d’aquariophilie, de rendre ce type de système plus visible et accessible à un plus grand nombre, du débutant au plus chevronné. J’ouvrirai peut être même une boutique, ainsi que continuer mes recherches et développer de nouveau produits.

11. Petite dernière pour la route, avec vos projets actuels avez-vous toujours le temps de vous occuper d’un bac ?

Non pas du tout, mon temps n’est consacré qu’à la recherche et le développement des produits.

 

Merci pour votre temps et dites-nous où nous pouvons voir vos produits.

Tout est ici : www.Santa-Monica.cc, merci à vous.

Interview et Traduction par Bubu 1er, relecture B92 et Alderas.

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