Test de la 8850 LED FULL SPECTRUM de Tunze

Posté le 9 septembre 2015 par

8850boite.JPG

Le fonctionnement atypique de cette rampe a soulevé chez nous différentes interrogations :

·
Deux liées à la température :

Ø Question1 : Est-ce que la petite taille du dissipateur permet un refroidissement efficace en mode émergée ?
Ø Question2 : Est-ce que la chaleur dégagée par la rampe ne chauffe pas trop le bac, et risque d’amener le bac à des températures néfastes pour les habitants du bac ?

·
Deux liées aux performances de la rampe sur le plan de l’éclairage :

Ø Question3: Vu que la rampe est sous la surface en mode immergé, est-ce qu’il y a plus de zones d’ombres dans cette configuration.
Ø Question4 : La 8850 a elle la puissance nécessaire pour la pousse des coraux, et si oui, pour quel volume ?

Test réglage

Mais avant tout, partageons nos impressions sur la rampe à l’usage. Et commençons par le réglage du spectre, qui est atypique, mais ingénieux de simplicité : il suffit d’approcher l’aimant de fixation à l’extrémité de la rampe sans câble et la rampe va faire varier son spectre .

VIDEO cycle lumineux

Comme expliquée dans la notice, la rampe est réglée pour ne pas dépasser 60°C et cette température semble rapidement atteinte (en mode émergé) puisque la rampe ne peut plus être manipulée après deux minutes à pleine puissance. Pour régler le spectre finement, ce qui peut impliquer plusieurs essais, je vous conseille soit de le faire dans l’eau soit en tenant la rampe par l’aimant de fixation tout en utilisant l’autre pour gérer la variation de spectre. Au final la simple manipulation de la rampe permet de répondre à la première question.

Test température

Question 1 : Est-ce que la petite taille du dissipateur permet un refroidissement efficace en mode émergée ?

dissipateur.JPG
Photo du dissipateur

Dans la mesure où la rampe n’est plus manipulable à peine quelque minute après allumage, le refroidissement de la rampe en mode émergé semble insuffisant. Cependant Tunze annonce dans le mode d’emploi que la puissance de la rampe est pilotée par sa température interne, de ce fait la rampe ne devrait, en théorie ne pas atteindre des températures qui lui soit néfastes. En revanche, et c’est également ce que TUNZE annonce dans sa documentation, la puissance délivrée en mode émergée est inférieure à celle fournie en mode immergée (14 watts contre 26 watts.

Réponse 1 :

La petite taille du dissipateur ne permet pas un refroidissement des plus performants, mais cela est compensé par la capacité de la rampe à s’autoréguler en fonction de la température, ce qui permet ainsi à cette rampe de très faible dimension de se passer de ventilateurs. Ce résultat pose tout naturellement la question de la dissipation de chaleur en mode immergé.

Question 2 : Est-ce que la chaleur dégagée par la rampe ne chauffe pas trop le bac, et risque d’amener le bac à des températures néfastes pour les habitants du bac ?

Mesure de la chaleur dégagée en mode immergé

L’utilisation de rampe en mode immergé est tentante, mais vu la chaleur que la rampe dégage en dehors de l’eau, on peut être quelque peu réticent à la plonger dans un aquarium. Nous avons donc réalisé l’expérience suivante, qui vise à estimer la quantité de chaleur dissipée.

Descriptif de l’expérience

Deux seaux en plastique identiques sont remplis avec 10,8litres d’eau osmosée à température ambiante, en fin d’après midi afin que la température ambiante diminue. Un des deux seaux reçoit
la rampe Tunze 8850 réglée à pleine puissance. La température est relevée à intervalles réguliers. Il va de soi que ces conditions d’expérimentations ne sont pas celles d’un laboratoire, que le protocole est discutable, mais ce test est simple, facile à mettre en place et compréhensible par tous.
Au bout de 5h, la température dans le seau sans rampe est passée de 27 à 26°C tandis que la température du seau avec rampe est passée à 30°C. Ce qui veut dire que la rampe a dégagé
180 000 joules en 5 heures, ce qui correspond à 10 watts

Figure1FR.jpg

La bonne nouvelle est que cette rampe permet de réaliser des économies de chauffage, la mauvaise est que cette rampe peut amener à des situations critiques en été. Nous avons calculé le
gain de température pour différentes tailles de bac, pour 10 heures de fonctionnement à pleine puissance.

Figure2FR.jpg

Réponse 2 :

En dessous de 30 litres, l’augmentation de température semble être difficilement gérable. À partir de 30 litres, le fait que la rampe dégage de la chaleur ne doit pas être oublié, particulièrement à l’occasion des chaleurs estivales. Si vous utilisez cette rampe, il peut être judicieux de mettre des ventilateurs et une bonne osmolation sur votre bac.
En conclusion pour les questions liées à la température, nous pouvons dire que le design si séduisant de 8850 , qui lui permet également d’être immersible, offre certes des performances limitées en matière de refroidissement, mais Tunze a plus d’un tour dans son sac. En effet, la limitation de la puissance de la rampe en fonction de la température évite la surchauffe néfaste pour la rampe, mais limite forcément les performances en matière d’éclairage. Passons maintenant aux questions sur l’éclairage.

Test éclairage

Comme expliqué dans cet article, l’équipe de Récifal news est dotée d’un PARMETRE de la marque
Apogée, la description de notre cher MQ200 est disponible ici . Pour rappel, le PAR, pour
Photosynthetically Active Radiation, ou Rayonnement Photosynthétiquement Actif mesure l’énergie disponible pour la photosynthèse. Les coraux hermatypiques étant en partie alimentés par les microalgues présentent dans leurs tissus, ils tirent donc leur énergie de la photosynthèse, indirectement. La mesure de PAR permet donc d’évaluer l’énergie lumineuse qui sera potentiellement utilisable par les coraux et donc d’évaluer les performances de la rampe.
Cet article d’Advanced Aquarist donne les valeurs de PAR pour différents milieux récifaux, où les espèces peuvent prospérer entre 32 et 900 μMol∙m²∙sec, mais des recherches ont montrées que les coraux saturaient entre 300 et 400 μMol∙m²∙sec. L’évaluation du PAR acceptable est soumise à débats, néanmoins pour ce test, nous pourrons considérer les valeurs de PAR de références suivantes :
· 100 μMol∙m²∙sec comme la limite basse acceptable pour des coraux mous ou LPS
· 150 μMol∙m² .sec comme la limite basse acceptable pour des coraux sps
· 200 μMol∙m² .sec comme le maximum utile en récifal , à même de satisfaire les plus hautes exigences

Déroulement des tests

Cuve de mesure : Aquarium en acrylique de 70 (L) x56 (l) x 50cm (h)
Hauteur de la rampe en position immergée : 1 cm sous la surface
Hauteur de la rampe en position émergée : 6 cm au-dessus de la surface
NB Les mesures étant effectuées dans une cuve bien plus grande que celles pour lesquelles la rampe est conçue, les valeurs relevées peuvent être plus faibles, par manque de réfraction pour les
vitres. Les mesures exploitées dans le test ici présent sont celles mesurées à proximité de la vitre frontale et latérale, c’est-à-dire sur un quart de la zone éclairée.

Figure3FR.jpg

De même, le fait que le fond de l’aquarium soit plus éloigné de la rampe que ce qui a été prévu par le constructeur tend à minimiser les valeurs. Cependant on considéra que ce biais est compensé par le fait que la rampe est proche de la paroi latérale et donc que la réfraction est surévaluée.
Une fois la nuit tombée, afin que les mesures ne soient pas biaisées, les valeurs de par sont relevées tous les 5 cm suivant 3 axes :
· Axe de la rampe : Z
· Axe perpendiculaire horizontalement à la rampe : X
· Axe perpendiculaire verticalement à la rampe axe Y

Afin de faciliter la compréhension, les données ont été modélisées de façon à pouvoir obtenir une
valeur de PAR précise, pour des coordonnées (X,Z) où une mesure a été effectuée

Question 3: Vu que la rampe est sous la surface en mode immergé, est-ce qu’il y a plus de zones d’ombres que lorsqu’elle est émergée ?
On pourrait penser que oui au premier abord, mais en fait il faut aussi prendre en compte qu’en mode immergé :

·
Il n’y a plus de réflexion ou de réfraction liées aux mouvements d’eau à la surface (la réfraction demeure, différemment, et de façon stable)
·
La rampe fournit une intensité lumineuse supérieure en mode immergé, du fait du meilleur refroidissement par l’eau et du pilotage de la carte électronique en conséquence.

Le faisceau de la rampe étant assez concentré, les mesures trop éloignées latéralement de la rampe ne sont pas pertinentes. Voici donc profondeurs auxquels on trouve les PAR de références prises à 5cm sur le coté de la rampe (axe X) et à 10 cm du bord de la rampe, pour un Y minimal
(haut du cône de diffusion).

Figure4FR.jpg

Figure5FR.jpg

Réponse 3 :

On constate que le faisceau semble légèrement plus ouvert en mode émergé, mais cette différence est minime compte tenu de la différence de 7 cm de hauteur entre les deux positions.
Le fait que la puissance délivrée par la rampe soit supérieure en mode immergée et que la réflexion et la réfraction de la lumière soient modifiées font qu’il n’y a pas sensiblement plus de zones d’ombre en position immergée qu’en position émergée.
Donc si vous avez bien suivi, vous avez compris que la 8850 est capable de fournir la puissance de PAR nécessaire à la pousse des coraux. Ok pour, mais pour quelle surface, quel volume ?

Question 4 : La 8850 a-t-elle la puissance nécessaire pour la pousse des coraux?
Le précédent tableau indiquait les profondeurs à partir desquelles on rencontre les valeurs permettant la pousse de coraux, mais il est encore plus intéressant de savoir jusqu’à quelle profondeur il est possible de trouver ces valeurs :à l’aplomb de la rampe, pour x :0 et z= 5cm).

Figure9FR.jpg

Compte tenu de sa taille, on ne peut être agréablement surpris par la puissance de la 8850! Sans surprise, l’immersion améliore légèrement les performances, mais de façon assez minime si l’on prend en compte l’écart de 7cm entre les deux positions. Maintenant il est temps de s’interroger sur la surface que la 8850 peut couvrir avec assez d’intensité. Comme expliqué précédemment, les mesures de PAR ont été effectuées tous les 5 cm, il est intéressant de voir jusqu’à quelle distance de l’aplomb de la rampe ont peut trouver les valeurs de PAR de référence.

Figure8FR.jpg

Nous avions déjà observé que le faisceau de la rampe était très étroit, nous en avons la confirmation, étant donné que l’on ne trouve pas de PAR supérieur à 5 cm de l’aplomb de la rampe en mode émergé, contre 10 en mode immergé? Étant donné que les mesures sont prises tous les 5 centimètres, il est important de connaitre les valeurs de PAR maximales aux autres points de mesure.

Figure6FR.jpg

Ces résultats concordent avec ceux du tableau précédent et confirment que le spectre est à la fois puissant et étroit.

Réponse4 :

La 8850 a la puissance suffisante pour permettre la pousse des coraux, sur une largeur plus importante lorsqu’elle est immergée.

Bilan :
Grâce aux nombreuses mesures effectuées, on peut estimer les volumes de bac adaptés à la 8850 :
Figure7FR.jpg

Compte tenu de l’apport thermique en mode immergé, l’utilisation de la 8850 n’est pas possible dans un volume de 17,5 Litres. Le volume utilisable en mode émergé est relativement faible, mais il est tout à fait possible d’utiliser plusieurs rampes pour des volumes supérieurs, à raison d’une rampe pour 15 cm de largeur de bac. Auquel cas il sera utile de savoir si l’on peut diriger plusieurs rampes 8850 avec le contrôleur 7097 de Tunze.

Comme promis, voici quelques photos du rendu

L’euphyllia sous éclairage blanc et bleu:

Euphy_blanc.jpeg

L’euphyllia sous éclairage bleu:
Euphy_bleu.jpg

Le rendu sous éclairage bleu est vraiment sympa, voici ce que cela donne sur du montipora rouge:
montipora_bleu.jpeg

Informations fabriquant : Tunze

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