Appel inédit des océanographes sur la disparition des coraux

Posté le 9 juillet 2012 par

C’est un appel inédit. Près de 2 600 océanographes ont tiré lundi 9 juillet la sonnette d’alarme quant à la disparition rapide des récifs coralliens autour du monde. Réunis en Australie à l’occasion d’un symposium international, les scientifiques appellent à agir de manière urgente pour sauver ce qu’il en reste.

• Quelles sont les zones en danger ?

Aux Caraïbes, 75 à 85% de la surface occupée par les coraux a disparu au cours de ces 35 dernières années, note Jeremy Jackson, océanographe au Smithsonian Institution (Etats-Unis).

En Australie, la Grande barrière de corail a enregistré un déclin de la moitié de ses coraux en 50 ans. C’est pourtant un des écosystèmes marins les mieux protégés au monde.

Le Triangle asiatique, qui couvre près d’un tiers des récifs coralliens du monde, est largement menacé. Plus de 85% des récifs de cette vaste zone qui va de l’Indonésie à la Malaisie en passant par la Papouasie-Nouvelle Guinée, les Philippines, les îles Salomon le Timor oriental sont en danger. Plus de 3 000 espèces de poissons risquent de disparaître avec ces coraux.

• A qui la faute ?

Des dégâts croissants sont causés par le réchauffement des océans, l’acidification des eaux, la surpêche et la pollution venue des terres. Les scientifiques mettent directement en cause les activités humaines et dénoncent le développement des régions côtières, la pollution et la surpêche. Stephen Palumbi, de la station marine Hopkins, à l’université américaine de Stanford, souligne qu’il faut résoudre les problèmes engendrés par le développement agraire anarchique et les pratiques de pêche intensive.

Les chercheurs réclament des mesures urgentes. « La communauté scientifique a produit une énorme quantité de recherches montrant que nous avons un problème. Maintenant, nous sommes comme des médecins qui ont diagnostiqué la maladie du patient, mais sans donner de remède efficace », a-t-il déclaré. « Nous devons être engagés de manière plus active et délivrer des ordonnances aux pouvoirs publics. »

• Des millions de personnes pourraient en pâtir

Les océanographes soulignent que les moyens de subsistance de dizaines de millions de gens sont en danger. Les récifs procurent travail et nourriture à nombre d’habitants des régions côtières dans le monde, génèrent des revenus via le tourisme et servent de brise-lames naturels en cas de fortes vagues et de tempêtes.

« Ce qui est bon pour les coraux est aussi extrêmement important pour les gens, et nous devons nous réveiller », estime Jeremy Jackson, directeur du Centre pour la biodiversité marine. « L’avenir des récifs coralliens n’est pas la version marine du ‘adopte un arbre’, c’est un problème central pour l’humanité ».

FTVi avec AFP

Photo : Des poissons nagent près d’un récif de corail dans l’archipel de Wakatobi, en Indonésie, le 26 janvier 2011. (ROD SALM / THE NATURE CONSERVANCY / AFP)

Source : http://www.francetv.fr/

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